KAMEL par Laurène Bercheteau
Category: Biographie

Son histoire

De loin comme de près, Kamel ressemble à Dahmane El-Harrachi le créateur de Ya Rayah, (devenu tube planétaire grâce à sa reprise par Rachid Taha) dont il est bel et bien le fils aîné.

Né en Algérie en 1973, Kamel n’a eu de cesse depuis son enfance, de marcher sur les traces de son père. Ouvert sur d’autres styles, il ne se lassait pas d’entendre d’autres figures emblématiques du chaâbi, genre citadin populaire jailli de la casbah d’Alger dans les années quarante, comme Hadj M’rizek, el-Hachemi Guerouabi, Amar Ezzahi ou Bouadjadj pour mieux s’imprégner de leur art. En 1991, Kamel prend le nom d’El-Harrachi pour perpétuer sa mémoire, enregistre sa première cassette chez Afric-Audio à Douéra, dans l’Algérois, où l’on peut se délecter de deux titres inédits de ce dernier. Ce garçon, aussi discret qu’efficace, a presque le même jeu de mandole que son père, mais une voix moins rocailleuse. En 1994, il s’exile à son tour en France et commence par se produire, tout comme son père, dans les cafés parisiens, pour finir sur des scènes telles que le Printemps de Bourges. Il poursuit, loin de tout tapage, une carrière musicale qui fait les délices de tout un public.

Courant 2015, il prendra le chemin des studios et préparera son nouvel album « EL BAHDJA ».

Le spectacle

Dans son spectacle Kamel El Harrachi nous fait partager ce qui est pour lui du domaine de la tradition familiale. Accompagné de 6 musiciens, banjo, piano, percussions, violons, tar et contrebasse le jeune homme à la mandole sait créer l’ambiance. Du public quelques youyous fusent, les battements de mains donnent la mesure ou s’effacent pour laisser toute la place à un dialogue sur le fil entre la mandole et le banjo, ou une modulation de voix… Chaleur et convivialité sont au rendez-vous.

Sur scène Kamel interprète quelques chansons fétiches de son père, des textes inédits écrits par son père et quelques unes de ses propres compositions. Kamel a enregistré son premier album, très attendu, «Ghana Fenou» et est en préparation de son deuxième opus prévu pour fin 2016.

Kamel El Harrachi fait partie d’une génération de jeunes musiciens attachés au genre chaâbi et soucieux de le voir évoluer avec son temps. Il a d’ailleurs introduit une contrebasse, un piano, et sur certains morceaux des congas. Il a aussi travaillé l’orchestration, et écrit ses propres textes, qui relèvent, comme ceux des anciens, « du social ». « Le chaâbi parle de la vie des gens, de la société, de l’exil, de la trahison, de l’amour… » continue-t-il.

En clôture spectacle, Kamel El Harrachi, chante le rugueux « Ya Rayah », et fait chanter le public avec lui. Quelques jeunes femmes se lèvent pour danser, le public en redemande, et les musiciens lui offrent un dernier morceau. Un jeune artiste en devenir, un futur maître d’un genre populaire qui ne risque pas de disparaître, le chaâbi.

Le Chaâbi et la tradition méditerranéenne

Musique populaire par excellence, le chaâbi est à l’honneur dans le spectacle de Kamel El Harrachi. Chaâbi veut dire « populaire » en arabe. C’est dans les dédales de la casbah d’Alger, qu’est né ce genre national, qui constitue le versant populaire de la musique savante issue de la grande culture arabo-andalouse médiévale. Parmi les précurseurs du genre on compte nombre de musiciens issus de l’algérois et notamment Cheikh Nador, puis Cheikh El Hadj Mohamed El Anka et aussi Cheikh Hasnaoui.

Art des rues, des faubourgs et du quotidien, le chaâbi est un style de musique très répandu au Maghreb, particulièrement au Maroc et en Algérie. Il s’inspire de la poésie orale héritée des qasida et autres épopées bédouines. Même si le chaâbi est une musique très entraînante, festive et dansante, il raconte aussi la vie d’hier et d’aujourd’hui, les artistes s’inspirant également de thèmes actuels (l’amour, la relation belle mère – belle fille, le chômage…). Il peut d’ailleurs ainsi parfois être comparé au « blues ».

Le spectacle que nous propose Kamel El Harrachi est donc bel est bien ancré dans cette culture méditerranéenne, dans laquelle s’inscrit le chaâbi. Son concert est l’occasion d’une rencontre entre musiciens français et algériens des deux rives de la Méditerranée qui mettent en commun des sonorités arabo andalouse, des instruments classiques comme la derbouka, le tambourin, le mandole, à une musique plus occidentale, avec des instruments comme le violon et quelquefois le piano.


Regardez Kamel en live :


Galerie photo :

 Réservez cet artiste : booking@turnagainmusic.com


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L’album Ghana Fenou est disponible sur iTunes !

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